Un projet participatif autour de Léonard de Vinci

Rencontre avec 3 étudiants de l’IAE qui planchent sur une création lumière autour de l’œuvre de Léonard de Vinci. Un projet piloté par Camille Michel, chargée de projets culturels à l’Université de Lyon.

Une fois le rendez-vous fixé aux Halles du Faubourg, nous avons interrogé trois étudiants de la Licence pro Conception et Management en Eclairage (IAE – Université Lyon3) qui évoquent leur participation à la Fête des Lumières au travers du projet Les Rêveries Lumineuses de Léonard.

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Etudiants participant au projet Les Rêveries Lumineuses de Léonard aux Halles du Faubourg © Ville de Lyon

Quel est votre rôle sur cette mise en lumière ?
Arthur Chauvot : Sans rentrer dans les détails, on va avoir une machine lumineuse à mettre en place. Elle va être composée d’une partie mécanique et d’une partie électrique, qui va être source de lumière. On a fait deux groupes : le premier sur la partie mécanique et le second sur la partie « réaction » avec une dimension artistique qui a pour objectif de faire rêver le public.
Robin Métral : On va créer des jeux de lumières, jouer avec les réflexions… Pour l’instant, on est vraiment dans une phase expérimentale.
Saïd Ouhssaine : Sur la partie mécanique, on s’inscrit dans l’esprit de Léonard avec les rouages, les engrenages. Le but est d’utiliser cette mécanique pour créer des effets lumineux. Il y a un aspect interactif très fort dans ce projet.
Robin : On mise sur l’interactivité pour attirer le public et se distinguer des autres installations. Par rapport à la place Bellecour, on a un espace beaucoup plus restreint. On va donc essayer d’attirer le public et de le faire participer différemment… et le faire rêver aussi.

Comment avez-vous conçu cette installation ?
Robin : On a vraiment étudié les travaux de Léonard de Vinci. Tout ce qui nous a permis de concevoir la machine est lié à ses écrits et à ses travaux.
Arthur : On avait une contrainte également nous concernant, c’est que nous sommes la 1ère installation que va voir le public avant d’arriver dans le jardin de la Fondation Bullukian. Et du coup, on nous a imposé quelques caractéristiques pour pouvoir attirer le public et leur montrer qu’on est là.
Saïd : C’est l’avant-goût… avant d’arriver dans un jardin merveilleux.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Tous les trois
 : Le temps ! On a commencé à travailler sur le projet fin septembre / début octobre. On ne peut pas faire autrement car notre rentrée c’est mi-septembre… Le mois de novembre va être très intense !

Et quelle expérience en retirez-vous ?
Arthur : Personnellement, je vois la formation comme quelque chose de très fonctionnel pour apprendre à éclairer des villes, des salles. Là, l’aspect artistique est fondamental et ça me plaît beaucoup. Je pense que c’est un aspect qu’il faut conserver, même pour éclairer les villes de demain…
Robin : Pour moi, l’appellation « Conception lumière » est importante et je cherche à apporter un concept, à faire passer un message ou des émotions. Dans ce projet, où l’on est en relation avec des plasticiens, c’est exactement ce que l’on fait ! Ca apporte un axe de travail poétique et pas seulement technique.
Saïd : De mon côté ce projet a consisté à « marier » mécanique et lumière. Je trouve ça très intéressant, même passionnant. Dans mon avenir professionnel, j’espère retrouver cette double dimension.
Arthur : Pour conclure, je crois que ça nous apprend l’humilité, le travail en groupe et la touche poétique qu’on peut apporter à la conception lumière. Et travailler pour la Fête des Lumières... c’est badass !

Plus d’infos sur la Licence Professionnelle Conception et Management en Eclairage
 



5 questions à Camille Michel, chargée de projets culturels à l’Université de Lyon.

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Le jardin de la Fondation Bullukian

Comment est né ce projet au sein de l’Université de Lyon ?
Camille Michel
 : C’est nous qui avons sollicité la Ville car dans la politique culturelle de l’UDL, il y a ce souhait de participer à des grands projets de la Ville ou de la Métropole. On s’est dit que la Fête des Lumières c’était une belle opportunité parce que c’est un événement qui mêle l’artistique avec le technique et le scientifique. En 2018, nous avions participé au défilé de la Biennale de la Danse.

Quel est votre rôle dans ce projet ?
Je m’occupe de la coordination car c’est un projet collaboratif avec 14 structures partenaires et 7 équipes de production, avec une direction technique et une direction artistique. Avec un partenariat fort avec l’ENSATT*, le master d’Administration, et le master Lumière. Je fais en sorte que la communication se passe bien entre tous ces acteurs.
*Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre

Combien d’étudiants sont mobilisés sur ce projet ?
Un peu moins d’une centaine, sur une période qui va de septembre à décembre. C’est un planning assez intensif avec des ateliers de conception menés dans chaque structure au mois d’octobre et en novembre, un passage à la production sur 4 sites différents : les Halles du Faubourg, l’ENSATT, à l’INSA et au FabLab AsTech sur le Campus de la Doua.

Pourquoi avoir choisi De Vinci ?
C’est la direction artistique qui a amené ce sujet. Elle est assurée par Christine Richier qui est directrice du département Lumière de l’ENSATT, par Tom Huet, artiste-plasticien de la lumière et Julie Lola Lanteri, elle-même conceptrice lumière. Christine et Tom avaient déjà échangé autour des écrits de Léonard de Vinci sur l’ombre et la lumière. On a donc invité Tom, qui travaille au Brésil, à venir en France et à continuer à plancher sur ce sujet-là… avec la contrainte que ce soit un projet participatif, autant dans la conception que dans la production. Et, bien sûr, on est aussi sur l’anniversaire de la disparition de Léonard de Vinci.

Pourquoi faut-il venir à la Fondation Bullukian pour voir cette œuvre ?
Parce que ça va être sans doute très beau, très poétique. La majorité des œuvres seront exposées dans le jardin de la Fondation Bullukian qui fait 800 m2 et qui est vraiment un lieu calme et apaisant, juste à côté de la place Bellecour. Pour l’instant on est en pleine production, on n’a pas encore de visibilité finale. Mais c’est un vrai projet collectif où beaucoup de personnes ont investi du temps et du cœur !

Les Rêveries Lumineuses de Léonard