Dans l’obscurité, la lumière surgit des portes de la gare et gagne peu à peu la façade. Des lignes apparaissent, puis le motif du sol historique, posé en 1875, se déploie à une échelle monumentale. Les carreaux s’agrandissent, pivotent et se parent de reflets turquoise et dorés. Sous cette mosaïque mouvante, l’architecture semble se plier, se déformer et se reconstruire, révélant des formes impossibles. Une création sonore électronique, ponctuée d’une voix chantée, accompagne ces métamorphoses. Avec SubTile_v4, Jakob Jakubowski invite à redécouvrir les trésors discrets de Lyon, souvent ignorés au quotidien.
Nouvelle vague (2026)
Le dimanche 6 décembre de 18h à 22h
En bref
SubTile_v4 - Kubakub
Itera - Irene Suosalo
Tout commence par de fins fils blancs, semblables à de la soie brute, qui s’étirent sur la façade. Peu à peu, ils s’enroulent, se croisent et se multiplient. La couleur apparaît, les motifs se tissent et se parent de teintes inspirées des étoffes anciennes, entre formes végétales et arabesques. Le bâtiment devient un immense métier à tisser, évoquant le savoir-faire des canuts et la richesse de la Grande Fabrique lyonnaise. Puis le rythme s’accélère : les motifs se simplifient, les lignes se géométrisent et les couleurs deviennent plus vives. Le métier Jacquard et ses cartes perforées ouvrent la voie à une création de plus en plus automatisée. La musique accompagne cette métamorphose, des sonorités organiques évoquant les fils et les métiers à tisser aux pulsations mécaniques de l’industrie. En retraçant cette évolution, Irene Suosalo rend hommage à la tradition textile lyonnaise et invite à redécouvrir la beauté du geste artisanal à l’heure des nouvelles révolutions technologiques.
À travers la montagne - Shih-yen Huang
Sur la façade de la gare Saint-Paul, un premier trait, comme une touche d’aquarelle, apparaît, s’étire et se met à couler. Peu à peu, les lignes et les couleurs se multiplient, se croisent et s’effacent au rythme des voix d’un chant traditionnel du peuple autochtone Wulu Bunun de Taïwan, accompagnées par le violoncelle de David Darling et des chants d’oiseaux. Parfois, les coups de pinceau suivent la géométrie de l’architecture ; à d’autres moments, ils s’affranchissent de ses limites et traversent librement les différentes parties du bâtiment. Entre peinture animée, musique et mouvement, Shih-Yen Huang transforme la gare en un paysage vivant, traversé par les échos des vallées montagneuses. Une parenthèse poétique qui invite à laisser vagabonder l’imagination.
Artistes Jakob Jakubowski Irene Suosalo Shih-Yen Huang
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